Quelle incidence des ouvrages annexes dans la fissuration des maisons ?

La prise en compte des ouvrages annexes, c’est-à-dire des édifices se situant à l’extérieur de la construction principale est indispensable pour comprendre le phénomène d’apparition des fissures. Il s’agit plus particulièrement des remblais et du talutage des terres autour de la maison, des trottoirs et des terrasses ainsi que du drain permettant l’évacuation des eaux superficielles.

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Remblais et talutage des terres. Leur rôle dans l’apparition de fissures

Le remblayage consiste à surélever un terrain grâce à l’apport d’une masse de matière. Le talutage désigne l’inclinaison donnée au parement de manière à ce qu’il soit de profil et légèrement oblique, et non pas complètement vertical. L’objectif de ces deux ouvrages annexes est d’éloigner les eaux de ruissellement au droit des murs. En effet, sans eux, l’ouvrage constitue un barrage à la circulation de l’eau, laquelle peut alors plastifier l’argile sous la maison fissurée, déchausser les fondations mais aussi remonter dans la structure jusque dans les doublages. Pour ces deux opérations, il est conseillé de respecter une arase sanitaire d’au moins 15 centimètres.

Trottoirs et terrasses. Protéger la maison du risque RGA

Terrasses et trottoirs représentent des éléments périmétriques de protection des maisons quant au risque RGA (retrait gonflement des argiles). Si la présence de ces ouvrages annexes n’est pas prévue, il est d’autant plus essentiel de réfléchir à l’orientation de la maison. Ainsi, en cas d’ouvrage orienté au sud et/ou à l’ouest, le risque de tassement différentiel sera en effet très élevé, le fort ensoleillement favorisant la dessiccation du sol. Là aussi, il faut respecter une arase d’au minimum 15 centimètres.

Drainage des eaux superficielles. Pour prévenir certains phénomènes de fissuration

Poser un drain tout autour de la construction permet d’éviter les problèmes de sol et d’humidité. Le drain fait obstacle à l’eau, l’empêchant d’atteindre les murs périphériques et de s’y infiltrer. La réalisation de cet ouvrage annexe consiste à décaper autour de ces murs jusqu’au niveau des fondations avant de procéder à la mise en place d’une complète étanchéité sur la partie des murs normalement enterrés. Les matériaux drainants doivent être visibles en surface.

Etanchéité des réseaux enterrés. Surveiller leur étanchéité

Les réseaux enterrés, tels que le circuit d’alimentation en eau de ville ou les tuyaux d’évacuation des eaux pluviales, doivent impérativement être étanches pour prévenir tout risque de fissures ou d’humidité. En cas d’incident (un canalisation qui s’est rompue), un rien suffit pour transformer le vide sanitaire en une véritable piscine. Les défauts d’étanchéité se remarquent particulièrement bien à la jonction béton du regard, mortier de calfeutrement et tuyau d’évacuation PVC. Des fissures horizontales au niveau de l’angle, au pied du regard fuyard sont souvent le signe de fuites.

Tranchées techniques des raccordements. Anéantir toute voix d’eau

Afin d’alimenter la maison en eaux, électricité et gaz par exemple, il est d’usage de construire des réservations ainsi que des tranchées techniques de raccordement sur le terrain. Elles servent pour les arrivées d’électricité, d’eau ou encore pour la ligne téléphonique. Mais si le terrain est en pente avec une voie d’accès en amont de l’ouvrage, l’eau pluviale peut pénétrer dans les fourreaux et les coffrets atteignant la maison et favorisant un risque de fissures.