Le retrait-dilatation du béton et la pathologie en façade

Le phénomène de retrait concerne la plupart des ouvrages en béton. Il peut s’agir d’un retrait plastique, de ressuage, hydraulique ou d’un autre type dont les causes et les conséquences sont souvent plus ou moins visibles d’une situation à une autre. Le retrait-dilatation du béton peut, entre autres, résulter d’un excès d’eau ou d’un dosage inadéquat du béton. Cela peut alors entraîner la fissuration de la maison ou des micro-déplacements de la structure.

origines fissures construction

Retrait-dilatation du béton. Des fissures sur les ouvrages

Un matériau contenant du ciment se rétracte, à l’inverse des blocs de terre cuite qui gonflent. Cette réaction s’explique par les contraintes subies par les éléments en ciment dont la résistance est mise à rude épreuve. Le retrait-dilatation occasionne généralement la fissuration. Ce phénomène doit de ce fait être pris en compte par tous les acteurs du secteur de la construction, depuis les fabricants de matériaux aux entreprises, en passant par les cimentiers et entreprises de construction.

Plusieurs types de retrait du béton. Les origines multiples des désordres

Les experts déterminent différentes catégories de retraits.
– Le retrait de ressuage : sous l’action de l’eau de gâchage qui remonte à la surface, le béton encore “frais” se tasse avant même que le ciment n’ait pris.
– Le retrait plastique ou endogène : il se manifeste en même temps que l’évaporation de l’eau, dépendant des facteurs hygrométriques. Un retrait endogène de 3 millimètres par mètre peut être observé en cas de forte chaleur.
– Le retrait thermique ou en rapport aux réactions chimiques : le béton s’échauffe avant de se raccourcir durant la phase de refroidissement.
– Le retrait hydraulique ou retrait de dessiccation est observé au cours de la phase de durcissement du béton ainsi qu’après. Il intervient avec l’assèchement de celui-ci.

Le retrait hydraulique du béton. Une manifestation jusqu’à 3 ans après coulage

Ce cas est assez particulier, dans la mesure où il peut intervenir longtemps après l’achèvement de l’ouvrage. En effet, on a tendance à penser que le retrait du béton se manifeste dans les premiers jours suivant sa mise en œuvre. Ce n’est toutefois qu’après approximativement 3 ans que le retrait hydraulique atteint son apogée.

Microdéplacements au niveau des lignes et points faibles de la maison

Le phénomène peut causer des micro-déplacements. Il s’agit de mouvements qui se produisent principalement au niveau des lignes et points faibles ainsi qu’en périphérie des éléments de construction. Ces zones sont alors plus vulnérables à la fissuration. Les liaisons et les éléments de la façade peuvent par exemple céder sous l’effet des différentes contraintes. Ce qui est souvent le cas lorsque la résistance intrinsèque est inférieure aux contraintes subies par le béton.

Retrait du béton et fissuration de la construction. Une menace pour son intégrité ?

En règle générale, la fissuration causée par le retrait-dilatation du béton n’altère pas l’intégrité de la structure. L’ouverture des fissures est souvent inférieure à 0,5 millimètres, à condition que le retrait endogène et le retrait de ressuage soient maîtrisés. Néanmoins, la façade est esthétiquement affectée par la fissuration. Il est également essentiel de bien distinguer les fissures de retrait et celles qui sont causées par le tassement du terrain. Le risque encouru par la construction et la sécurité des personnes sont d’ailleurs différents.

 

fissures maisons qualification